Un club de soupe c’est le nouveau nom pour dire « j’invite des copines à manger à la maison ? » Je me moque un peu, gentiment, mais je me sens tellement en décalage avec ce texte. Et en même temps trop contente que cette newsletter soit gratos, merci merci merci, car j’ai un petit salaire.
Depuis la capitale il faut savoir qu’on n’en peut plus de la ceramique en 2026 !
Sinon je crois que la solitude quand on vit en couple n’a pas grand chose à voir avec la solitude. Je m’explique : on peut connaître une solitude très forte en vivant en couple. Mais en couple on n’expérimente pas la solitude structurelle, c’est à dire une absence de soutien affectif, un isolement, une solitude subie.
Donc en lisant j’avais (aussi !) trop envie de demander à ChatGpt son avis vu les désaccords qui me traversait ! Car j’aurais trop de choses à en dire, sur ce qu’est l’art par exemple, sur le collectif (quand mon pote diplômé infirmier devient boulanger on sait qu’il prend la place d’un boulanger non diplômé et je ne l’oublie jamais.)
Et pour l’instant je suis assez d’accord avec la réponse de Chat :
Le problème central de fond
(…)
👉 le texte a raison sur beaucoup de choses, mais il se trompe sur ce qui cause quoi, et sur ce qui est inévitable ou non.
L’erreur principale : l’IA comme symptôme quasi totalisant
Le texte affirme que : l’IA n’est pas la cause, mais le symptôme d’une crise de l’humanité. Jusque-là, c’est juste.
Mais ensuite, il absorbe presque tous les maux contemporains dans ce symptôme, ce qui crée un effet de glissement problématique :
* crise de la créativité
* solitude
* perte du sens
* désengagement politique
* capitalisme tardif
* perte du réel
* crise de l’apprentissage
* perte de l’effort
* dévalorisation du travail
👉 Tout finit par converger vers l’IA, comme si elle cristallisait naturellement tous ces phénomènes.
Problème : Ces crises ont des temporalités, des causes et des dynamiques distinctes, parfois anciennes de plusieurs siècles. L’IA n’est pas leur point de convergence naturel, elle est un accélérateur parmi d’autres, au même titre que :
* l’urbanisation,
* la financiarisation,
* les réseaux sociaux,
* la précarisation du travail,
* l’école utilitariste,
* la marchandisation du soin et du lien.
Le texte écrase ces distinctions.
Une anthropologie implicite très normative
Le texte repose sur une vision très précise de ce que serait :
un·e humain·e “en bonne santé”
une “vraie” créativité
un rapport “juste” à l’effort
une solitude “féconde”
une relation “authentique” à soi
👉 Or cette vision est très située :
culturellement,
socialement,
psychologiquement.
Exemples :
* Tout le monde ne peut pas se construire par l’échec répété.
* Tout le monde ne trouve pas de sens dans l’effort ou le “faire soi-même”.
* Certaines personnes fonctionnent mieux avec des médiations techniques.
* La solitude n’est pas une étape transitoire pour tout le monde — pour certains, elle est structurellement dangereuse.
Le texte universalise une expérience valable pour certains, et en fait un étalon humain.
Le faux dilemme “machine = consensus / humain = inédit”
C’est un point clé.
Le texte pose une opposition très nette :
IA = moyenne, consensus, reproduction
humain = singularité, inédit, rupture
Problème de fond :
les humains produisent énormément de consensus, de cliché, de reproduction,
l’inédit humain est rare, coûteux, socialement filtré,
l’originalité humaine est elle-même construite sur des normes, des écoles, des exclusions.
Le texte idéalise la créativité humaine comme naturellement divergente, alors qu’elle est :
* institutionnalisée,
* hiérarchisée,
* validée a posteriori.
👉 Ce n’est pas faux de dire que l’IA ne crée pas “au sens fort”, mais c’est faux d’en déduire que l’humain crée spontanément du neuf.
Un angle mort majeur : les usages non existentiels de l’IA
Le texte traite presque exclusivement l’IA comme :
substitut relationnel,
substitut créatif,
substitut cognitif,
substitut de l’effort.
Mais il ignore largement :
* les usages instrumentaux banals,
* les usages compensatoires (handicap, fatigue, précarité),
* les usages transitoires ou hybrides.
👉 Résultat : L’IA est toujours interprétée comme une fuite, jamais comme :
* une béquille,
* un détour,
* un support provisoire,
* une reconfiguration du geste.
C’est une lecture morale, même quand elle se veut non morale.
Le texte sacralise le réel et l’effort
C’est peut-être le point le plus profond.
Le texte repose sur une idée implicite :
le réel est ce contre quoi on se cogne, et c’est nécessairement bon.
Mais :
* le réel cogne de manière très inégale,
* l’effort n’est pas également transformateur pour tous,
* la friction n’enseigne pas toujours — parfois elle détruit.
👉 Le texte transforme une valeur (le contact avec le réel, l’effort, le risque) en norme éthique universelle.
Ce qui revient à dire, en creux :
* si tu préfères la médiation,
* si tu évites l’échec,
* si tu délègues une partie du processus,
alors tu es “moins vivant·e”.
C’est là que le fond devient problématique.
Une critique du capitalisme… sans matérialisme conséquent
Paradoxalement, le texte :
critique le capitalisme,
cite Marx, Graeber, Doctorow,
mais revient toujours à des solutions individuelles et symboliques :
clubs de soupe,
ateliers,
relation à soi,
gestes concrets.
👉 Ces réponses sont belles, mais insuffisantes au regard du diagnostic structurel posé.
Il y a un décalage de niveau :
* causes systémiques,
* remèdes existentiels.
Ce n’est pas incohérent, mais c’est politiquement faible.
En résumé : le problème de fond en une phrase
Le texte transforme une critique pertinente de l’IA et du capitalisme en une morale de la “bonne humanité”, sans assumer pleinement qu’il s’agit d’un point de vue situé, non universalisable.
Un club de soupe c’est le nouveau nom pour dire « j’invite des copines à manger à la maison ? » Je me moque un peu, gentiment, mais je me sens tellement en décalage avec ce texte. Et en même temps trop contente que cette newsletter soit gratos, merci merci merci, car j’ai un petit salaire.
Depuis la capitale il faut savoir qu’on n’en peut plus de la ceramique en 2026 !
Sinon je crois que la solitude quand on vit en couple n’a pas grand chose à voir avec la solitude. Je m’explique : on peut connaître une solitude très forte en vivant en couple. Mais en couple on n’expérimente pas la solitude structurelle, c’est à dire une absence de soutien affectif, un isolement, une solitude subie.
Donc en lisant j’avais (aussi !) trop envie de demander à ChatGpt son avis vu les désaccords qui me traversait ! Car j’aurais trop de choses à en dire, sur ce qu’est l’art par exemple, sur le collectif (quand mon pote diplômé infirmier devient boulanger on sait qu’il prend la place d’un boulanger non diplômé et je ne l’oublie jamais.)
Et pour l’instant je suis assez d’accord avec la réponse de Chat :
Le problème central de fond (…) 👉 le texte a raison sur beaucoup de choses, mais il se trompe sur ce qui cause quoi, et sur ce qui est inévitable ou non.
Mais ensuite, il absorbe presque tous les maux contemporains dans ce symptôme, ce qui crée un effet de glissement problématique : * crise de la créativité * solitude * perte du sens * désengagement politique * capitalisme tardif * perte du réel * crise de l’apprentissage * perte de l’effort * dévalorisation du travail 👉 Tout finit par converger vers l’IA, comme si elle cristallisait naturellement tous ces phénomènes.
Problème : Ces crises ont des temporalités, des causes et des dynamiques distinctes, parfois anciennes de plusieurs siècles. L’IA n’est pas leur point de convergence naturel, elle est un accélérateur parmi d’autres, au même titre que : * l’urbanisation, * la financiarisation, * les réseaux sociaux, * la précarisation du travail, * l’école utilitariste, * la marchandisation du soin et du lien. Le texte écrase ces distinctions.
Exemples : * Tout le monde ne peut pas se construire par l’échec répété. * Tout le monde ne trouve pas de sens dans l’effort ou le “faire soi-même”. * Certaines personnes fonctionnent mieux avec des médiations techniques. * La solitude n’est pas une étape transitoire pour tout le monde — pour certains, elle est structurellement dangereuse. Le texte universalise une expérience valable pour certains, et en fait un étalon humain.
Le texte idéalise la créativité humaine comme naturellement divergente, alors qu’elle est : * institutionnalisée, * hiérarchisée, * validée a posteriori. 👉 Ce n’est pas faux de dire que l’IA ne crée pas “au sens fort”, mais c’est faux d’en déduire que l’humain crée spontanément du neuf.
Mais il ignore largement : * les usages instrumentaux banals, * les usages compensatoires (handicap, fatigue, précarité), * les usages transitoires ou hybrides.
👉 Résultat : L’IA est toujours interprétée comme une fuite, jamais comme : * une béquille, * un détour, * un support provisoire, * une reconfiguration du geste. C’est une lecture morale, même quand elle se veut non morale.
Mais : * le réel cogne de manière très inégale, * l’effort n’est pas également transformateur pour tous, * la friction n’enseigne pas toujours — parfois elle détruit. 👉 Le texte transforme une valeur (le contact avec le réel, l’effort, le risque) en norme éthique universelle. Ce qui revient à dire, en creux : * si tu préfères la médiation, * si tu évites l’échec, * si tu délègues une partie du processus, alors tu es “moins vivant·e”. C’est là que le fond devient problématique.
👉 Ces réponses sont belles, mais insuffisantes au regard du diagnostic structurel posé. Il y a un décalage de niveau : * causes systémiques, * remèdes existentiels. Ce n’est pas incohérent, mais c’est politiquement faible.
En résumé : le problème de fond en une phrase Le texte transforme une critique pertinente de l’IA et du capitalisme en une morale de la “bonne humanité”, sans assumer pleinement qu’il s’agit d’un point de vue situé, non universalisable.