Intérêts spécifiques : Le droit à la paresse
Salut,
Une étrange folie possède les classes ouvrières des nations où règne la civilisation capitaliste. Cette folie traîne à sa suite des misères individuelles et sociales qui, depuis des siècles, torturent la triste humanité. Cette folie est l’amour du travail, la passion moribonde du travail, poussée jusqu’à l’épuisement des forces vitales de l’individu.1
Aujourd’hui j’ai envie de vous raconter une histoire. Dans ma ville, il y a une rue Paul Lafargue, et dans cette rue, il y a un jardin qui s’appelle le Jardin de la Paresse. Il y a un super parcours d’équilibre en bois pour les enfants, des hamacs, des tables de pique-nique, et ironiquement (ou pas du tout), c’est aussi un jardin ouvrier à l’ancienne. Il y a des parcelles entretenues par des habitant·es, qui font pousser des tas de choses. À chaque fois que j’y passe avec ma fille, quelqu’un y travaille. Un endroit de paresse et d’industrie. Un endroit de vie.
Il y a quelques années, j’ai cru qu’il y avait une fuite de gaz dans mon appartement. J’ai donc appelé le numéro d’urgence d’Engie, qui dépêche quelqu’un le plus rapidement possible pour venir vérifier que tout va bien. Je vous divulgâche la fin de cette anecdote car ce n’est pas elle qui compte : il se trouve qu’en fait, mon logement n’est pas raccordé au gaz de ville. Je n’ai donc rien compris à comment marche le chauffage, dont la facture est comprise dans mes charges locatives, mais peu importe.