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21 juin 2026

Intérêts spécifiques : Fates and Furies, de Lauren Groff

Salut,

Aujourd’hui, une circulation en bonne et due forme, tout simplement.

Couverture du livre "Fates and Furies" par Lauren Groff
On va parler de ça.

Comment j’ai mis la main sur ce bouquin, et pourquoi ça compte

Le mois dernier, j’ai lu un bouquin par hasard. Ce n’était pas vraiment le hasard, en fait, c’était plutôt un concours de circonstances. D’abord, Marion Pillas (co-fondatrice de La Déferlante) mentionne dans une conversation que dans le prochain numéro de la revue1, il y aura une interview de l’autrice Lauren Groff, qui est également libraire figurez-vous. Jusqu’alors, j’avais déjà entendu parler de Lauren Groff, notamment à la sortie en français de son roman Matrix2, qui ne parle pas du tout de pilules bleues ou rouges ou de l’Élu, mais de Marie de France, au XIIe siècle. Ayant environ zéro affinité avec le roman historique, j’avais donc entendu parler de Groff et de Matrix jusqu’à plus soif, au point d’en lever les yeux au ciel (... impertinente et ignare, la meuf), et : c’est tout. Donc quand Marion en parle, je me dis juste : oh, chouette, une écrivaine qui est aussi libraire, c’est plutôt cool.

Mais quelques jours plus tard (en ressenti), un copain me dit : « Je suis en train de lire Fates and Furies de Lauren Groff3 et j’ai jamais lu un truc pareil, je pense que ça te plairait. En tout cas j’aimerais trop en parler avec toi. Je l’ai en papier et en numérique, si tu veux je te le prête. » Il n’a rien de plus, ne m’a rien raconté de l’histoire, ne m’a pas dit pourquoi il pensait que ça me plairait. C’est un copain qui me recommande rarement des bouquins, en plus. Mais j’ai beaucoup réfléchi, et j’ai décortiqué ainsi la conjonction de coordinations :

  • une mention récente par une autre personne dont j’estime le travail et l’opinion (le nom était dans mon système) +

  • un grand mystère qui donne envie d’en faire partie (pas de pitch mais la mention d’une expérience inédite et la promesse d’en discuter) +

  • « je pense que ça te plairait » (un peu envie de voir si mes potes me connaissent aussi bien que ce genre de phrases le laissent entendre)

= mon intérêt est plus que piqué, il est totalement soumis. Je veux savoir de quoi il retourne. Je veux faire partie de l’expérience.

Alors que je suis capable de garder des livres qu’on me prête des mois entiers sans y toucher – s’il ne m’appelle pas, il ne m’appelle pas, c’est comme ça, on n’explique pas la mystique de la pile à lire –, cette fois j’ai terminé ce que j’étais en train de faire et une semaine après m’être fait prêter le livre, c’était un dimanche, j’ai ouvert le bouquin de mon pote, et une heure plus tard je lui ai dit :

Capture d'écran d'une conversation sms. Je dis :
"J'ai commencé Faites and Furies" (mon pote a mis un coeur à ce message)
puis
"Est-ce que je peux te racheter ton exemplaire ? J'ai besoin (en italique) de souligner des passages haha. Je t'en rachète un neuf asap"
(Je suis intense.)

Il avait raison, mon pote. Je n’avais jamais rien lu de tel.

Si je vous en parle aujourd’hui, c’est parce que l’expérience de cette lecture inédite, s’est poursuivie tout le long du livre : tout le long, je me suis dit « c’est fou, je n’ai jamais rien lu qui ressemble à ce roman ». Et d’une certaine manière, je souhaite que cela soit suffisant pour vous pousser à vous précipiter dans votre librairie ou bibliothèque la plus proche – je pense que c’est une excellente lecture d’été, notamment.

Je ne savais rien de ce roman avant de le commencer4, je ne savais pas à quoi m’attendre, et ça a forcément participé à rendre ma lecture plus intéressante.

(Évidemment je suis en train de tellement vous le hyper qu’il y a toutes les chances pour que vous soyez déçu·es, mais ça fait partie du jeu de l’enthousiasme communicatif.)

Mais puisqu’on est là, que je suis chez moi et que je fais ce que je veux, je vais continuer à vous parler un peu plus en détail de Fates and Furies. À partir de maintenant je vais raconter un peu ce qui se passe, donc si vous avez envie de la même expérience de lecture que moi, je vous dis à la prochaine, revenez lire la suite de cette newsletter quand vous aurez fini le bouquin. C’est bon ? On est toustes d’acc ? Super.


Pourquoi j’ai été marquée au fer blanc par ce roman

Fates and Furies, c’est donc l’histoire d’un couple, Lancelot (dit « Lotto ») et Mathilde, de leur mariage, raconté en deux parties. D’abord, le point de vue de Lotto, qui vient d’une famille richissime de Floride, et qui grandit dans un tel bain de privilèges qu’il se pense destiné à de grandes choses. C’est comme ça, un état de fait. Il est beau, charismatique et gentil, la chance lui sourit : il sera acteur. Quand le roman commence, il vient de se marier avec Mathilde, deux semaines après avoir croisé son regard dans une soirée étudiante après une représentation théâtrale. D’un coup, d’un seul, Lotto laisse derrière lui sa vie de playboy et se dévoue corps et âme à Mathilde, en qui il voit son âme sœur, sa meilleure moitié. Ils vivront une passion qui ne s’éteindra jamais, malgré tout ce qui se passera par la suite.

Et j’arrête là mon pitch. (J’ai presque envie de vous faire un résumé complet, comme sur une fiche Wikipédia anglophone ou comme dans les newsletters de Alicia Thompson, mais on n’est pas là pour ça... je me retiens...)

C’est toujours difficile pour moi de comprendre pourquoi un livre me marque profondément, aussi vite et aussi fort que l’a fait celui-ci. La dernière fois que ça m’est arrivé, c’était avec Normal People de Sally Rooney – c’était la première fois de ma vie que je lisais un roman deux fois d’affilée, la première fois comme une lectrice, la seconde fois comme une écrivaine. Ici, plusieurs années après mon choc esthétique face à Rooney, je crois que j’ai réussi à fusionner mes deux personnalités : je me suis totalement laissée embarquer par le bouquin, mais toujours un stylo à la main, j’ai souligné des dizaines et des dizaines de phrases qui m’ont fait l’effet d’un uppercut dans la mâchoire. Juste ça, souligné, corné la page pour m’y retrouver, et je sais que dans quelques temps, j’y retournerai pour indexer ces passages, essayer de comprendre pourquoi ça m’avait marquée. Et tenter d’apprendre de ce livre.

Mais donc, si je devais faire l’effort de vous dire pourquoi j’ai été bouleversée par Fates and Furies (remarquez, pour l’instant je n’ai pas dit une seule fois que j’ai a-do-ré ce roman, ce qui est pourtant le cas donc voilà, je le dis), je dirais que :

  1. J’ai tout de suite été fascinée par le style.

Jamais rien lu de tel, c’est comme ça qu’on me l’avait vendu, c’est comme ça que je l’ai perçu. Je dirais que c’est rare de pouvoir sentir à la lecture que chaque mot de chaque phrase a été choisi avec soin, sans que justement, ça ne desserve l’histoire. Je suis assez persuadée que dans l’entreprise de raconter une histoire, la forme ne doit pas desservir le fond, le style ne doit pas desservir la narration. Et si on peut voir des histoires dont la langue n’a pas été assez travaillée pour être remarquable, on voit aussi des histoires où on sent que l’auteur·ice aime un peu trop son propre style, ce qui nous sort de l’immersion. La frontière entre les deux est un fil de rasoir, qu’il est difficile à tenir pendant l’intégralité d’un roman. Y parvenir, c’est pour moi la preuve de la maîtrise totale de l’art qu’est l’écriture de fiction.

Et voilà que Fates and Furies y parvient, de page en page : pas une seule fois je n’ai pensé « la meuf kiffe s’entendre parler », et pas une seule fois je ne me suis dit « ça a eu l’air facile d’écrire ce passage ». Je ne sais pas comment mieux le dire : on sent que ça a demandé à l’autrice un travail monumental, mais à aucun moment elle ne le fait payer aux lecteur·ices. Je ne me suis jamais ennuyée, je n’ai jamais trouvé ça pompeux. Juste : précis, exigeant et touffu.

  1. Rapidement, les personnages et les thèmes m’ont happée.

Je dirais que c’est un roman foisonnant, donc. Dans le cadre narratif relativement contraint d’un mariage hétérosexuel qui dure dans le temps, ça parle de ce qu’on dit à l’autre et de ce qu’on tait, de comment on se raconte. De ce que, de soi, on sait ou bien ce à quoi on reste aveugle jusqu’au bout. Ça parle de succès, de secrets, de création. Ça parle surtout, je trouve, d’une femme – Mathilde –, dans le regard d’un homme qui l’aime, puis dans son propre regard. Femme de l’ombre, femme en colère, femme aux mains de fer, aux gants de velours. Femme sublime, blessée, aimée, si seule.

C’est un roman qui ne dit jamais ce qui est bien ou mal. Je repense souvent (car j’aime souffrir) à cet imbécile de Raphaël Quenard qui, accusé d’avoir écrit un personnage de sociopathe tueur en série dans un monde qui n’a pas besoin de plus de féminicides, répondait quelque chose de l’ordre de « la morale n’a rien à faire dans l’art ».5 OK, mais il faut être très fort·e pour parvenir à faire aimer des personnages aux morales grises, il faut une vraie maîtrise, encore une fois, de la narration et de la psychologie pour que tout se tienne, qu’on comprenne. Qu’on se dise « ce personnage est un être humain complexe et entier, je ne ferais pas tout comme ellui mais je peux comprendre d’où iel vient, où iel va, ce qui le motive et pourquoi ».

Ça fait plusieurs semaines que j’ai fini Fates and Furies, et régulièrement j’y repense en me demandant pourquoi untel ou unetelle a fait, ou n’a pas fait, ci ou ça. J’y pense comme à de vraies personnes que j’aurais côtoyées brièvement et m’auraient laissé une impression si forte, que pendant longtemps je me penserais à eux. (Et ça, combien de fois ça arrive, avec des œuvres de fiction ?)

  1. C’est le bouquin qui m’a sortie d’un marasme littéraire de plusieurs mois.

J’ai cherché : c’était quand la dernière fois que j’ai été absolument conquise par un roman ? Avant d’ouvrir Fates and Furies, j’étais coincée dans un espace mental compliqué. Très fatiguée, je me réfugiais dans les romances (et je ne me sentirai jamais coupable de ça, mais je sais très bien que je ne vais pas dans les romances pour avoir une expérience de lecture inédite). La dernière fois, c’était avec Cérémonie d’orage de Julia Armfield, et c’était en avril 2025.

(Quant au dernier choc esthétique de l’ampleur de ce que je vis avec Lauren Groff, ça remonte donc à ma découverte de Sally Rooney, il y a ressenti mille ans.)

Bien sûr, entre Armfield et Groff, j’ai lu des romans-qui-ne-sont-pas-des-romances qui m’ont beaucoup plu, m’ont transportée. Mais pas depuis le début de cette année 2026, déjà, donc c’est dire. Et pas de cette manière passionnée, dévorante, qui me donne envie de foutre le bouquin dans toutes les mains.

Et depuis Fates and Furies, je ressors de ma zone de confort ! Merci Lauren !


Un magicien ne révèle jamais ses secrets (mais les écrivaines, oui)

Quand j’ai eu fini Fates and Furies, je me suis mise en quête de podcasts et de vidéos pour entendre Lauren Groff parler de son processus d’écriture sur ce livre. J’avais envie, j’avais besoin, de comprendre comment elle avait fait pour arriver à ce résultat si particulier. Ça ne m’arrive pas si souvent, cette impulsion, car bien qu’écrire soit mon métier et que lire fasse partie du travail d’écriture, l’immense majorité du temps je lis en lectrice, pour le plaisir uniquement (même si j’en retire toujours quelque chose, je refuse de considérer mon plus grand loisir, un de mes bonheurs les plus purs, avec une logique extractiviste). Il faut un événement marquant pour me sortir de cette posture, où ça me va souvent de considérer l’oeuvre telle qu’elle se présente à moi, sans chercher à en comprendre les ficelles.

Je me disais, c’est fou, on sent que ses personnages, tous, même le plus anecdotique, a une vie bien plus riche dans la tête de l’autrice que ce qui se trouve dans le produit fini. C’est quoi son secret ? J’ai trouvé le livre hyper érudit aussi, avec des références plus ou moins obscures pour moi (sans jamais me paraître pédantes, mais je suis peut-être un peu pédante moi-même), mais je sais pas, témoins d’une immense curiosité. J’aime bien sentir que les autrices des livres que j’aime sont tournées vers le monde.

J’ai dégoté un épisode du podcast First Draft (inconnu au bataillon auparavant), où la journaliste interroge Groff sur son process et uniquement sur ça. Le son est dégueulasse, donc ça m’a demandé beaucoup de concentration mais ça valait le coup. L’ami qui m’a prêté le bouquin m’a ensuite envoyé cette vidéo, enregistrement de la rencontre autour du livre, avec la librairie Politics & Prose de Washington, DC. Un autre médium qui m’a demandé de respirer profondément (les gens mangent pendant qu’elle parle ! On entend le bruit des couverts sur les assiettes !!! Help !!!)

Malgré ces désagréments audio, j’ai beaucoup aimé écouter ces deux pépites qui viennent tout droit de 2015, pendant la promo à la sortie du livre ! J’adore Internet. Je ne vous raconte pas tout ce que j’ai appris, ni sur les secrets de fabrication du roman, ni sur Lauren Groff elle-même : vous n’avez peut-être pas envie de savoir, en tout cas moi j’ai aimé apprendre ces ficelles après avoir lu le livre. Ça, c’est un truc qui ne bouge pas : je préfère toujours aller vers les œuvres en aveugle, guidée uniquement par mon cœur et mon âme. Et ensuite je viens intellectualiser, rationaliser, reconnecter au réel, recontextualiser, ensuite seulement je viens ressusciter l’auteur.6


Et maintenant, qu’est-ce que je fais ?

Comme je le mentionnais plus haut, la dernière fois que j’ai eu un tel crush littéraire, c’était avec Sally Rooney. J’avais relu Normal People une seconde après l’avoir terminé, puis j’avais enchaîné sur les 2 autres ouvrages dispos à cette époque (Conversations With Friends et la nouvelle Mr Salary). C’était assez peu pour ne pas ressentir de trop-plein, et puis c’étaient des histoires assez similaires, en terme de style et de thématiques, pour que j’aie l’impression de prolonger mon histoire d’amour. Depuis, Sally Rooney prend son temps pour écrire (je l’en remercie), et je reste une grande fan.

Le problème avec Lauren Groff, c’est qu’elle a un peu plus d’oeuvres à son catalogue : 4 romans et 3 recueils de nouvelles que je n’ai pas lus. Ses deux derniers romans (Matrix, donc, et The Vaster Wilds7) font partie d’un futur triptyque historique : pas sûre d’avoir envie de m’y mettre tout de suite, même si, paradoxalement, savoir que pour Groff c’est un triptyque, me donne un peu plus envie qu’avant, quand Matrix était un roman historique posé dans le paysage littéraire comme un ovni. Je sais pas. Je suis assez attirée par Arcadia, le roman qui précède Fates and Furies (et qui se passe dans une secte ! J’adore les histoires de secte...).

Mais j’ai aussi de m’atteler à la bibliographie de Lauren Groff avec parcimonie, car je l’ai entendue dire qu’elle travaillait chaque nouveau roman avec l’envie de ne jamais proposer deux fois la même chose. Je pressens donc qu’aucun de ses romans ne m’apportera la même chose que le premier que j’ai lu, et qui m’a laissé une si forte impression. Je pense donc que je vais laisser le temps couler, je vais lire d’autre choses (ce que j’ai déjà fait, depuis que j’ai refermé Fates and Furies : j’ai lu plusieurs romans qui m’ont marquée aussi, j’en parlerai sur mon blog !), et je crois que la prochaine fois que j’irai à la rencontre de son travail, ce sera avec un de ses recueils de nouvelles. J’adore les nouvelles, c’est une forme de fiction si particulière, et pour le coup je pressens que Groff y excelle.

Et ben voilà ! On y est ! J’ai fini mon tunnel sur Fates and Furies, merci d’être resté·e jusqu’au bout. Si vous avez lu ce livre, j’adorerais savoir ce que vous en avez pensé : dites-moi ! Dites-moi tout ! Si vous avez lu d’autres livres de Groff, idem, je veux bien que vous m’en parliez. Et si ni l’un ni l’autre, ou même si l’un ou l’autre d’ailleurs, dites-moi : quel est le dernier roman qui vous a fait un choc esthétique ?

Je vous dis à bien vite, et courage pour cette nouvelle vague de chaleur.

– Pauline


  1. Le numéro est sorti, il s’appelle Chanter, et l’interview de Lauren Groff est dispo sur le site de La Déferlante. ↩

  2. Matrix, de Lauren Groff, est paru en français aux éditions de L’Olivier en 2023, traduit par Carine Cichereau. (Il est depuis paru en poche chez Points.) ↩

  3. Fates and Furies, de Lauren Groff, est paru en français sous le titre Les furies aux éditions de l’Olivier en 2017, toujours traduit par Carine Cichereau. (Il est également depuis paru en poche chez Points !) ↩

  4. La quatrième de couverture de la version anglaise est extrêmement mystérieuse, un choix éditorial que je salue : « Every story has two sides. Every relationship has two perspectives. And sometimes, it turns out, the key to a great marriage is not its truths but its secrets. » Celle de la traduction est beaucoup plus... révélatrice, et, hmpf. Déjà que la couverture est moche. Du coup je vous mets ni l’un ni l’autre, héhé. ↩

  5. Je ne sais plus si c’est dans cette vidéo ou une autre de cette chaîne qu’il y a un extrait d’interview télévisée où il dit ça, j’ai la flemme d’aller chercher, j’ai vraiment assez souffert d’avoir voulu savoir de quoi retournait son roman de pacotille. ↩

  6. Dans la continuité de ma passion « citer des auteurs que je n’ai pas lus comme si j’étais un homme médiocre », je fais ici référence à « la mort de l’auteur » selon Roland Barthes, et promis je vais au moins écouter cet épisode dédié au concept, de la série de France Culture sur l’auteur, comme ça peut-être que je mourrai moins bête et moins frauduleuse. ↩

  7. The Vaster Wilds, de Lauren Groff, est paru en français sous le titre « Les Terres indomptées » aux éditions de l’Olivier toujours, traduit par Carine Cichereau toujours – déjà dispo en poche, chez Points, toujours. (we stan les maisons d’édition avec des politiques d’auteur) ↩

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